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 Six Feet Under

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tenia
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MessageSujet: Six Feet Under   Dim 1 Juin - 0:15

Quand la mort est votre travail, à quoi peut ressembler votre vie ?

Voici une des questions que pose la série multi-récompensée (43 récompenses, dont 9 Emmy Awards et 3 Golden Globes) Six Feet Under, quintessence des drama "psychologiques" de HBO. En suivant la vie d'une famille de directeurs de pompes funèbres (et non pas de croque-morts, ceux qui ont pensé ça peuvent sortir tout de suite), c'est avant tout de la mort que l'on parle. Mais aussi de la vie, car sans vie, pas de mort. Mais surtout des morts. De leur respect. Des pensées que nous pouvons avoir à propos d'eux. De ce qu'ils nous manquent, de ce dont on se souvient, de ce qu’ils ont été ou auraient pu être.
Et si la série traîne régulièrement un lourd pathos à travers la majorité de ses épisodes, celui-ci touche souvent en plein cœur, par la simplicité des thèmes abordés, et de leur banalité la plus absurde. Tout le monde meurt, c'est un fait. Alors, pourquoi ne pas en parler de front ?

Le pilote démarre par la mort du patriarche de la famille Fisher, Nathaniel, le jour de Thanksgiving. Ce sont ses deux fils, Nate et David, qui sont donc chargés de la succession de l'entreprise, Fisher & Sons. Ils ne sont pas seuls dans la famille, puisque restent aussi leur mère, Ruth, ainsi que leur sœur, Claire. Enfin, pour les aider dans leur travail, ils peuvent aussi compter sur leur thanatopracteur (le gars qui embaume et retape les corps pour les rendre présentables) de génie, Federico Diaz (Rico pour les intimes).
A partir de là, outre des figures récurrentes comme les arbres (de la vie) ou les bus (symbolisant le chemin qui reste à faire et/ou le chemin vers l’autre monde), les épisodes ont toujours un point commun: un décès à chaque ouverture d'épisode, suivi d'un fondu au blanc sur un écran ressemblant à une pierre tombale, avec nom complet et dates de naissance et de décès. Généralement, ce décès n'a cependant aucun lien direct avec la famille Fisher, si ce n'est que c'est elle qui va traiter les funérailles, et la reconstitution du corps si besoin est (d'où, parfois, des scènes assez comiques).
Chose insolite, certains morts reviennent parfois pour parler aux membres de la famille, sous leur forme physique pré-mortem. S’ils leur apparaissent, c'est pour les décoincer, leur faire avouer quelque secret plus ou moins éhonté, ou les mettre face aux responsabilités qu'ils fuient. Mais, quand ils ne font que décéder, ce n'est pas sans aborder des thèmes plutôt graves (EP 1x11 Trip, où un nouveau-né décède d'une mort subite du nourrisson par exemple). On notera cependant un tas de morts assez insolites (EP 1x03 Foot, où un boulanger se retrouve en tout plein de petits morceaux suite à sa chute dans une malaxeuse géante; EP 2x09 Someone Else's Eyes, où un homme se fait fracasser le crâne par une boîte de sandwich qui a fait une chute depuis le haut d'un chantier…), contrastant donc avec la gravité d’autres décès.

Si la série a su, à travers 5 saisons (pour un total de 63 épisodes), se faire acclamer unanimement comme un des meilleurs drama de l’histoire de la TV, c’est avant tout grâce à son casting. Que ce soit Frances Conroy (Ruth Fisher) en espèce de vieille femme ne sachant que faire de sa vie sentimentale, batifolant à gauche et à droite car ayant toujours été avec son mari ; Richard Jenkins (Nathaniel Fisher) en figure du père à la fois sage et protecteur, revenant régulièrement d’entre les morts ; Peter Krause (Nate Fisher), le fils rebelle à toute forme d'autorité et de destin ; Michael C. Hall (David Fisher), l’autre fils, refoulé, plus proche de sa mère que de son père, dont il n'aura cessé de chercher la reconnaissance ou Lauren Ambrose (Claire Fisher), archétype de l'ado artiste, ancrée dans son monde plein de naïveté et d'illusions, tous les membres de la famille sont au diapason et le groupe possède une vraie alchimie, sans compter encore sur les seconds couteaux, tout aussi doués.

Mais c’est aussi, et surtout, dans l’écriture surdouée d’Alan Ball (alors futur scénariste de American Beauty) que Six Feet Under puise sa force. Si le show marche, c’est parce qu’il est d’une beauté et d’une humanité qu’aucune série n’aura vraiment réussi à atteindre à nouveau. A travers un thème plutôt peu vendeur, la série a su créé un véritable lien entre le spectateur et les membres de la famille, une sorte d’empathie telle que ce qui les touche nous touche aussi. Et les scénaristes sont loin d’être tendre avec eux : que ce soit un enterrement à vif, un avortement, une fausse couche, une maladie ‘épée de Damoclès’, tout nous rappelle que la vie ne tient qu’à un fil. Et là est la grande réussite de la série : toujours rester juste. Alors oui, la série est dure, oui, parfois, c’en est presque intenable. Que ce soit le deuil insoutenable de l’être aimé, d’un enfant, ou plus indirectement, le regard sur le deuil d’un autre, c’est tout le show qui est tourné vers cette difficulté de dire ou faire les bonnes choses avant qu’il ne soit trop tard. Assumer ces erreurs, ce que l’on est et ce que l’on a fait. La vie, la mort, l’au-delà, la culpabilité, tous ces thèmes font partie des grandes lignes du show qui nous rappelle que, sur un intervalle de temps suffisamment long, l’espérance de vie de tout un chacun tend vers zéro.
De même que dans Twin Peaks, Laura Palmer est aussi présente morte que vivante dans le cœur des gens, les défunts reviennent ici hanter des vivants déjà un peu morts, comme des symboles de ces regards derrière soi qui rendent incapables de vivre pleinement et de se tourner vers l’avenir pour mieux avancer. Mais, comme le dit Jerry Seinfeld, sur la liste des plus grandes peurs des gens, la 1ère est ‘parler en public’, la mort n’arrivant qu’en 2ème. Ainsi, à un enterrement, les gens préfèreraient être dans le cercueil que de faire l’éloge. Paradoxe de l’homme qui ne veut voir la fin de sa vie en face et se préoccupe de futilités / considérations matérielles en délaissant le principal, c’est là que la série laisse exploser toute sa charge émotionnelle : si Six Feet Under est une série sur la mort, elle est et restera, avant tout et définitivement, une série sur la vie elle-même.

PS : une de mes trouvailles préférées: une thèse sur la pertinence sociale et psychologique de Six Feet Under : http://www.sixfeetunder-france.com/memoire/SFU_memoir.pdf
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pompom134914
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MessageSujet: Re: Six Feet Under   Dim 1 Juin - 0:27

merci a toi d'etre aussi complet dans la description!
PS: pourrais-tu venir te présenter dans la partie appropriée STP
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Idrial307
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MessageSujet: Re: Six Feet Under   Dim 1 Juin - 0:28

Ah oui, ça pour être complet et précis...
Merci bien ! lol

Perso, j'ai jamais suivi cette série...
J'ai pas accroché au quelques épisodes que j'ai vu donc...
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