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 Sheitan - Kim Shapiro

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tenia
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MessageSujet: Sheitan - Kim Shapiro   Dim 1 Juin - 14:05



Sheitan / Kim Shapiro, France - 2006


Ouvrir son film sur une platine de scratch n'est pas anodin, Kim Chapiron, et donc le collectif Kourtrajmé, se réclamant d'une culture hip-hop issue des banlieues et des galères. Continuer avec un Mouloud, accessoirement animateur sur MTV, en DJ ajoute ce qu'il faut de paillettes. La caméra tourne n'importe comment, à part au détour d'un contre-plongée sur la culotte rouge de la peu farouche Roxane Mesquida. Un plan aussi gratuit qu'inutile... mais bon la vue n'est pas désagréable. Il faut savoir aussi que le réalisateur de 24 ans tient là un sacré concept puisqu'elle sera cadrée à hauteur de culotte tout le long du film. La grande classe.

Entre la drague facile et la baston avec le videur, l'ombre de [s]Quatre garçons pleins d'avenir[/s] plane dangereusement, sauf que nos amis sont trois et accompagnés de deux jolies filles. Après un vol dans une station-service (ils n'avaient plus de monnaie, donc quoi de plus normal, il faudra y penser pour les prochaines fois), tous s'entassent dans une voiture direction la campagne, cette terre inconnue, hostile et peuplée de dégénérés, bien entendu.

A l'arrière, Yasmine s'endort sur l'épaule de Bart, torché depuis la première minute du film et surtout en mal d'amour. Il en profite donc pour ouvrir sa veste et la peloter avec vigueur. Logique. Yasmine se réveille le regard dur, puis s'adoucit avant de rouler une pelle au profiteur. Euh ?!... mais ne vous en faîtes pas ce n'était qu'un rêve. Ah, ah, ah... argh !

Ce petit dérapage n'est que le début d'une longue, trop longue liste de clichés sur la banlieue. Mais bien qu'un cliché sous-entende toujours une réalité, elle est ici détournée consciemment à des fins soi-disant divertissantes, mais qui se révèlent irresponsables, voire dangereuses. Ainsi, il n'est pas question de dégradation de la femme, mais d'annihilation totale.

Triolisme façon « je te chauffe la place » (entendez « je la kène et je te la file »), parfum de lesbianisme, accouchement à la verticale sur le carrelage, bénédiction devant un sexe en érection... Mais le pire est aussi le plus insidieux. Ainsi, lorsque l'un des garçons tente une approche, diplomatique ou non, la fille refuse toujours la première fois, pour mieux accepter celle d'après. Un comportement tellement répété dans le film qu'il finit par être accepté comme tel. Et faire du personnage de Roxane Mesquida une méchante est le plus facile et le plus lâche des échappatoires, puisque ce constat vaut aussi pour Yasmine.

Bien entendu, à cette misogynie exacerbée et assumée s'ajoute une violence latente. Perceptible dans certains comportements et dialogues (et pas si éloigné que cela de la réalité), elle prend une forme radicale lors des cinq dernières minutes, seule trace d'ailleurs de l'aspect survival vendu par la campagne d'affichage. Le film a été vendu comme une « comédie qui peut faire peur ». Or le comique ne vient pas de situations mises en place ou d'un travail d'écriture quelconque. Les rires, car il y en peu y en avoir beaucoup, interviennent dès lors que les trois garçons se comportent... normalement.

Injures, blagues machos, comportements égocentriques sont leur lot quotidien, et un peu (beaucoup) le nôtre aussi. Sauf qu'il y a le filtre du grand écran qui crée une distanciation, mais pas la bonne. Le portrait de ces jeunes de banlieue, misogynes et violents, n'entre pas dans la caricature, mais bien le fantasme, érigée de plus en modèle.

Une nouvelle forme de loi du plus fort en quelque sorte, qui tire d'une réalité – la jungle urbaine – à la fois ses raisons et ici ses justifications. La soi-disant liberté de ton de Sheitan est au mieux une vaine provocation, au pire une irresponsabilité sociale. Et lorsque l'on apprend après coup que les fondateurs du collectif Kourtrajmé, Kim Chapiron et Romain Gavras, sont en fait respectivement les fils de Kiki Picasso et de Costa Gavras, la banlieue s'éloigne de plus en plus, et l'opportunisme pointe le bout de son nez.

Sans pour autant remettre en question leur sincérité et leur appartenance à cette culture, il faut citer l'accroche du film « Seigneur, ne leur pardonnez pas car ils savent ce qu'ils font », joli pied de nez qui prend alors un tout autre sens.

Anecdote savoureuse: Pendant la projection à Gérardmer, un spectateur s'est distingué d'entre tous par des rires gras et aux autres exultations avant de balancer pendant le générique de fin : « Mais qui a chié sur l'écran ?! ». Tout y est.

Ainsi, quand on voit toute la panoplie déployée pour un film comme celui-ci, sous couvert de la présence d'une star à la mode, décidée entre 2 blockbusters US à aider "ses potes de la banlieue", on peut légitimement se demander comment en plus cela a-t-il pu fonctionner?
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