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 Les lois de l'attraction - Roger Avary

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tenia
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MessageSujet: Les lois de l'attraction - Roger Avary   Dim 1 Juin - 14:47



Les Lois de l'attraction / Roger Avary, USA - 2002


Peu nombreux sont ceux qui connaissent l'oeuvre de l'écrivain Bret Easton Ellis (comparé à Salinger tout de même, cela dit en passant). Less than zero, son premier livre, est publié en 1985, alors qu'il n'a que 21 ans. Il publie le suivant, The Rules of Attraction (dont le film est tiré) en 1987. C'est le troisième qui va le faire connaître internationalement: American Psycho, en 1991. Enfin, ses livres suivant seront The Informers en 1994, Glamorama, en 1999 et enfin Lunar Park en 2005 (qui a obtenu le prix Lire en France en 2006).
A l'exception de Lunar Park, (pour l'instant), tous ces livres ont été adaptés à l'écran (Glamorama est toujours en cours, soi-disant avec Shannon Doherty - c'est pas bien de se moquer - et Rose McGowan - bis repetita - . C'est d'ailleurs Avary qui en a les droits d'adaptation).

Petit exemple de sa verve, avec ce texte sur les Teletubbies.

Dans ses livres, Ellis montre, à travers des personnages types de la frange "jeune" de la société US, la fragilité, mais surtout le laisser-aller de cette frange. Coincée entre des parents absents, un culte de la réussite démarrant en primaire, l'alcool, MTV et la révolution sexuelle due aux nouvelles méthodes de contraception (ses livres se situent dans les 80s), elle ne peut que se gaver de medocs en essayant d'atteindre à tout prix la célébrité (Glamorama), devenir cinglée (American Psycho) et/ou baiser à tout va sans se poser de question (Rules of Attraction). Bref, pas vraiment la vie en rose. A noter que ce sont toujours les mêmes personnages que l'on retrouve d'un livre à l'autre, mais à chaque fois dans un plan différent (exception faite de Lunar Park, mélange de fiction et d'autobio).

C'est là que notre père Avary arrive avec ses gros souliers.

Ayant fortement reconnu son environnement universitaire dans le livre, il décide dès sa publication d'en faire, pour usage personnel, une adaptation ciné (qu'il réutilisera telle quelle en 2001), qu'il garde précieusement dans son tiroir.

Après nous avoir pondu un Killing Zoe (1994) nihiliste (et qui vaut surtout pour sa 2è partie complètement bordélique), et au passage, réécrit en 2 jours la fin de True Romance (Tony Scott, USA - 1993) et le segment de la "montre en or" de Pulp Fiction (Quentin Tarantino, USA - 1994), il fait un bon break avant de revenir avec notre film. L'anecdote: Avary ayant co-écrit Pulp Fiction, Tarantino lui-même lui offra contre une jolie somme d'abandonné le titre de co-auteur, contre un 'histoire d'après Avary', afin que QT en récupère toute la gloire. Ils se sont depuis brouillés, alors qu'ils étaient amis depuis plus de 5 ans.

Il s'entoure d'un casting jeune hallucinant, à commencer par James Van Der Beek, oui, Monsieur Dawson en personne, le mec qui a fait fantasmé toute une génération de filles fleurs bleues à la recherche de The prince charmant.
Cependant ici, point de prince charmant. On commence directement par une scène de défloration post alcoolique, brutale, sordide, terminant sur un joli vomi. Simple, efficace. Et soudain, un retour arrière, comme scratcherait un DJ (soutenu de plus par une bande-son parfaite du début à la fin). On revient, on change de personnage, on développe et on recommence. Et puis, retour un an plus tôt.
Aidé par toute une génération montante d'acteurs (Shannyn Sossamon, Ian Somerhalder, Jessica Biel et Kip Pardue, pour les principaux), Van Der Beek donne âme à son personnage de tombeur-loser, et rend encore plus crédible un scénario qui se suffisait déjà assez à lui-même. Avary se paye aussi le luxe avec Faye Dunaway, en guest.

Maîtrisant de bout en bout son propos, le réalisateur met donc l'accent sur l'absence totale de sentiments et de contacts entre les gens.
Alignant les scènes anodines et celles bien plus fortes (l'intro; le quotidien; la fête; re le quotidien; re la fête; le suicide ....) pour finalement revenir au point de départ, et montrer ainsi la routine quotidienne et l'ennui que rien n'efface, Avary brosse le portrait en négatif d'une génération en perte totale de repères et que rien ni personne (surtout pas les profs, sacré Eric Stoltz) ne pourra sortir de là, sans un peu de compréhension.

Et c'est donc d'une certaine mélancolie, doublée d'une colère envers la génération précédente, qui a un peu fait n'importe quoi sans se soucier de ceux qui reprendront les rênes, que tout le métrage est empreint.
En utilisant quelques petites touches inventives de mise en scène, nécessaires pour rendre correctement la superposition des points de vue du livre (sorte de recueil de journaux intimes de plusieurs personnes), il se permet quelques gâteries, à commencer par l'intro scratchée, et surtout, LA rencontre entre Sean et Lauren, un point d'orgue du film, car, au final, seul véritable moment de communication entre deux personnes, au milieu de toute cette ultra moderne solitude plus que palpable.

Ainsi, après trois fêtes, un suicide, des ruptures, des déceptions, bref des moments de vies parmi tant d'autres, la conclusion que "personne ne connaît jamais personne" sonne comme une réalité, et le final, qui n'en est pas vraiment un, comme une évidence et comme la seule manière dont pouvait se finir cette histoire : par là où elle avait commencé.

Ainsi, voici un film fleuve, pour un livre fleuve, et une adaptation réussie, prouvant enfin le talent de scénariste et de réalisateur de Roger Avary, et aplatissant toutes ces dangereuses bêtises que sont ces teens movies insipides essayant de nous enfiler La petite maison dans la prairie en intra veineuse.

NB: le sens de défilement du générique final.
A noter que tous les morceaux de films filmés à l'envers l'ont réellement été, dans le sens où la pellicule a tourné à l'envers. Ces effets n'ont pas été réalisés en post-prod.
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